mardi 6 mai 2008
Bilan
Après la nuit, une porte s’ouvre, celle du jour. J’attends cette porte quand la nuit ne me fait pas don de réjouissance. J’attends sa lumière lumineuse, le bleu de son ciel. La pénombre ne me sied plus. Je ne vois plus clair. La luminosité me rassure quand plus aucun bruit ne me semble familier excepté celui menaçant qui me parvient encore et qui restera toujours une plaie ouverte.
J’étais attentive aux bruits intérieurs, à mon enthousiasme matinal, l’esprit projeté vers le futur, positive sur un chemin droit quand soudain j’ai été tirée de mon sommeil. J’ai reçu un dur réveil découpé en séquences. D’abord, c’était la proximité que je ne comprenais pas et d’instinct j’ai compris l’alerte. Puis, c’était un autre morceau de réel où je me débattais dans l’inconscient. Enfin, je me suis réveillée en sursaut et j’ai reçu la lumière du soleil en plein visage. Où étais-je ? Quel était ce cauchemar qui m’avait persécuté ? Un réveil qui m’avait tirée du profond gouffre duquel je ne croyais plus pouvoir remonter. J’ai escaladé la muraille avec douleur. C’était la délivrance ! Je n’aurais pas vécu pire. Existe-t-il autant de cruauté ici bas ? Qui incriminer ? Même le destin se donne le droit de refuser d’être accusé d’une telle calamité.
Les jours passent. Le brouhaha. Plus moyen d’opter pour des pensées individuelles. Tout se passe dans la collectivité qui compatie, apaise, réconforte. De rares moments de solitudes où le corps crie sa douleur, où l’esprit tente de reconstituer l’épreuve, ou mieux, de la dissoudre. Ensuite dans la jungle, l’animal docile (quelle fierté que d’être un animal !) tente de survivre en avançant cahin-caha, se tient aux aguets d’une quelconque attaque. Le soleil ne sera plus le même, ni le matin, ni l’esprit jadis si confiant.
mardi 29 avril 2008
Douleur au corps
Je me rappelle que j’avais agi par instant de survie, que j’ai refusé la violence dont j’avais fait l’objet, que j’ai pris conscience de la cruauté de l’espèce humaine.
Le cri que j’avais poussé c’était pour extérioriser la violente douleur que j’ai sentie ; j’ai mal non pas au corps mais de mon corps, j’ai mal de l’avoir vu être malmené. Je me suis vue tomber par terre et je me suis relevée. Triste sensation que de tomber.
J’ai mal spécialement là où j’ai mal. Cette douleur me rend folle en ce moment. Une partie de moi refuse cette douleur et la rejette, elle se rebelle contre son aspect douloureux et vilain.
Pourquoi être violenté quand on ne sait pas nuire ?
lundi 21 avril 2008
Les autoroutes à tendance unique
Quand on part en voyage, c’est souvent dans le but de faire des découvertes, connaître le dépaysement, retrouver d’autres visages différents, d’autres coutumes, adopter soi-même d’autres habitudes, se laisser aller et se laisser guider par un nouveau rythme…
Seulement voilà, sur les autoroutes marocaines depuis qu’elles se sont développées et qu’elles s’équipent modestement pour le confort des voyageurs, on constate que les mêmes enseignes s’implantent partout. Comme exemple, les restaurants. Ces derniers, qu’on passe par le nord, ou l’ouest ou le centre sont quasi les mêmes et proposent les mêmes menus et les mêmes services. Le cadre également ne change pas, ni la couleur des murs, ni le mobilier, ni l’équipement…
Le voyageur en se déplaçant souhaiterait bien goûter aux plats de la région, prendre connaissance de quelques nouvelles habitudes culinaires. Il aimerait notamment retrouver un cadre différent, plus proche de la réalité de la région où il se retrouve.
Malheureusement, tout est calqué sur un modèle unique, presque imposé puisqu’il n’y a aucun choix à opérer. Le pauvre voyageur n’a qu’à laisser de côtés son désir de vivre de nouvelles expériences et se contenter de ce qu’on lui offre et pas gratuitement !
Cet état réveille la nostalgie du passé où chaque voyage s’apparentait à une découverte réelle. Chaque lieu demeurait unique par son authenticité, par sa variété, par le naturel de ses natifs qui traduisent fidèlement la réalité du coin.
La globalisation nous aurait-elle frappée dans un espace aussi limité qu’est le territoire d’un seul pays chargé de contrastes et de richesses variées ?
mardi 15 avril 2008
ARGANA, une vision.
Le titre « Argana » interpelle. C’est une production nationale de surcroît. L’affiche présente la figure de l’actuelle ministre de la culture. Par soutien incontestable au cinéma marocain et pour voir un autre aspect des talents de cette grande dame, il fallait visionner la projection.
« Argana », serait-ce l’arganier de nos régions du sud ou un paronyme ayant une autre signification pour ceux qui l’ont conçu ? Telle était la question qui peut se présenter à l’esprit avant de s’engouffrer dans la salle sombre.
Dès les premières images, le contexte semble bien précis. C’est le sud. Un village berbère. Il n’y a pas à se tromper. Le paysage le prouve et l’arganier s’impose. L’aspect vestimentaire de l’héroïne parait aussi fidèle aux traditions d’une certaine région du sud. Mais le hic c’est que tous les personnages parlent l’arabe dialectal. Deux ou trois mots ont été prononcés en berbère. Sans oublier que le contexte socioculturel a été négligé sur certains points. On présente une scène où hommes et femmes mangent ensemble, ce qui ne se fait pas chez les berbères, surtout pas ceux des villages les plus reculés. D’autre part, un vrai jeune homme berbère n’osera jamais griller des cigarettes devant sa mère. Et c’est d’autant plus choquant de voir une jeune femme fumer.
Les thèmes abordés sont certes très intéressants. Tant d’abus ont été dénoncés. Beaucoup d’insinuations, sortes de clins d’œil au spectateur. Le film est poignant a plus d’un égard. Il est le contre exemple de l’immigration des jeunes vers l’Europe. Il met en évidence les pas timides effectués dans le monde rural, lesquels ont donné leurs fruits : alphabétisation des femmes, leur insertion dans le monde du travail via les exploitations des fruits de l’arganier notamment, les conditions d’accouchement précaires (qui révoltent!) et surtout une question très chère à nos cœurs, celle la condition de la gente féminine rabaissée par une mentalité masculine rétrograde dont l’un des acteurs talentueux fait admirablement le procès.
Cependant en plus de ce qui a été cité auparavant, les images chargées d’exotisme ôtent au film une certaine authenticité. Tantôt ce sont les cascades d’Ouzoud qu’on aperçoit ou encore des prises de vue des eaux d’un barrage là où cette source de vie commence à représenter une pénurie. D’autres fois, des troupes folkloriques exécutent des danses gratuitement sans occasion justifiée par l’action.
Le générique final met bien en évidence l’implication de l’office du tourisme, ce qui explique ces « cartes postales » assez mal convenues.
On a parodié la culture berbère. Il existe un certain nombre de réels films berbères qui montrent la réalité de la région avec énormément de véracité et de spontanéité. C’est un cinéma florissant qui demeure encore méconnu voir non reconnu par les spécialistes et les gens du domaine, lesquels ont certainement plus de talent et de moyens pour faire des richesses culturelles d’une région des œuvres à la mesure de sa valeur.
Pour conclure, bravo à Madame la Ministre qui a su conserver son charisme et son talent même si la langue d’une région à laquelle elle a rendu hommage lui fait défaut. Elle a pu se mettre dans la peau d'une berbère digne, positivement orgueilleuse, durcie par un quotidien qui transmet la rudesse et impose la fermeté.
lundi 7 avril 2008
Malgré mes larmes
Mes yeux pleuraient passivement. Quel type de larmes ai-je versé ? Je les entendais couler sans effort et perler sur le drap tiède.
Je pensais à mes souvenirs, à ce rien de vie laissé, à ces montagnes de distance qui ont continuellement conditionné nos rapports étroits, à cette absente présence.
Une seule fois, tu avais nommé le lien qui nous liait au téléphone. Je n’en ai jamais goûté l’ardeur quand j’en avais besoin. Je n’avais jamais rien connu sauf le souvenir de cette cruelle attente quand tu tardais à rentrer le soir. J’avais peur de te perdre ! Je voulais que tu sois là parce que c’était ainsi et pas autrement. Je n’étais pas encore blindée contre les pertes et les disparitions pourtant si normales dans la vie. Le chagrin me faisait peur car on ne m’avait pas habituée (je ne dirai pas toi) à lui laisser la chance d’exploser puis de se glisser doucement vers l’oubli.
Je ne pouvais pas définir exactement pourquoi je pleurais. Je compatissais avec l’être qui est moi. Je n’avais jamais reçu l’amour qu’il me fallait. Je m’étonne de pouvoir encore tant en donner. Je hais la vie qu’on a menée faite de silences, de chuchotements, de non-dits, de mal vie. Tu n’avais aucun souci concernant notre mental et on avait grandi dans la frustration et les privations. J’avais une plage immense à combler de mots, de tendresse, de reconnaissance, de regards admirateurs, d’encouragements. Une plage non pas de surfaces démesurées mais de rapprochements. As-tu jamais eu ce souci là ? Certainement pas ! Cela ne faisait pas parti du registre montagnard, de ta propre existence aussi dure que le roc où le seul langage était celui de la survie. Tu as ouvert les yeux là où les femmes faisaient des enfants jusqu’à en périr et elle avait survécue ta maman tout en perdant quelques uns. Elle a survécu aux coups de ton père, aux dures besognes, à l’enfantement, aux vagues de famine, à l’invasion des colons… Elle n’est partie que très longtemps après d’une mort naturelle.
Les femmes d’aujourd’hui meurent autrement. Elles meurent de désamour, à la moindre égratignure. Elles meurent de leurs souvenirs, de leur passé. Elles meurent aussi pour leurs idéaux, pour leurs rêves cachés. Elles espèrent même mourir et renaître autrement. Elles rêvent de co-naissance comme d’une co-existence.
Tu vois où m’ont menée mes études ? À écrire non pas en plaçant des mots les unes après les autres comme lorsque tu écrivais à ton frère des lettres standards semblables à celles que tout le monde écrivait à l’époque avec des formules toutes faites qui ne traduisaient pas réellement les sentiments éprouvés. J’écris autrement moi pour dire que j’ai existé et que je j’existe encore, pour dire tous les manques qui ont peuplé mon passé et qui ont fait que j’ai grandi dans la joie de tout avoir dans l’avenir. C’est pourquoi j’ai toujours gardé le même enthousiasme depuis mon enfance la plus reculée. Chaque jour comble un besoin, une envie ou un désir. Chaque instant contribue à la réalisation d’un rêve tout tracé. Je me suis faite comme j’ai pu. J’ai meublé les silences de chants de l’espoir. J’ai mis des mots sur toutes les notions abstraites. J’ai apporté des réponses à toutes mes questions. Et j’ai trouvé sur les pages des livres que tu apportais tous les conseils et les recommandations que tu n’as pas pu me donner.
Ce soir, je te dis que je t’admire parce que tu es un homme qui a accompli son devoir sans trop de recherche et qui a bien achevé sa mission. Je n’aurais pas fait mieux si j’étais Toi. Mes larmes ne sont pas le symbole d’un échec. Bien au contraire ! C’est bien la preuve que tu as fait de moi une personne normale capable de s’émouvoir et de te parler en silence.
samedi 5 avril 2008
Cette fumée qui m'empoisonne, m'emprisonne!
Pardonnez-moi, excusez-moi, je ne veux vous en pas. Mais chaque cigarette grillée me cause des désagréments. Je suis désolée. Où que je vais, dans un café, dans un restaurant, dans un train et même dans la rue…la fumée s’achemine directement vers moi ou m’atteint par une fenêtre ouverte. Cette fenêtre que j’ouvre pour respirer quand ma poitrine est comprimée, quand l’air ambiant ne me suffit plus, quand je n’arrive pas à me faire à ce poison nocif…
Vous qui savez, qui comprenez , je vous remercie. Quand vous me voyez arriver, vous dissimulez votre cigarette derrière votre dos. Je sais ce que vous ressentez. Je réveille en vous un sentiment de culpabilité. Je sais que je transforme votre plaisir en déplaisir, mais je n’y parviens pas ! Autrefois, je supportais, passivement, je partageais. Aujourd’hui, mon organisme dit "Halte!" à ce poison. Je suis malade chaque fois que j’aspire cette fumée. Je suis devenue, par la force des choses, une handicapée. Je fuis d'innombrables lieux. Je suis taxée d’asociale bien souvent. On me fait la gueule, fréquemment. Toutefois, les faits sont là. S’il vous plaît, pardonnez moi, je ne vous demande pas d’arrêter, ce n’est pas facile, j’en suis consciente autant que vous. Je ne suis pas faite pour les discours moralisateurs non plus. Seulement, je vous dis la vérité sans rien inventer.
dimanche 23 mars 2008
Deux ans.
Quelques mots pour dire que mon blog a deux ans, que depuis le temps où j’ai décidé d’extérioriser mes pensées, j’ai tenté de réussir dans cette dure entreprise. J’ai pu apaiser mon âme, réconforter mon cœur, placer des mots sur les maux, traduire tout ce qui pouvait être traduisible.
Je m’adonnais à une littérature égotiste qui n’a de l’intérêt que pour moi. J’ai trouvé un plaisir éminent à me mettre devant mon écran et à donner une forme à tout ce qui a été une source de torture ou de joie intense pour moi.
Mais depuis un certain temps, j’ai appris à intérioriser, non que je trouve un quelconque bien-être à le faire mais la vie m’a entraînée dans son tourbillon. L’écriture est passée du degré de l’acte vital à un besoin impossible à combler, un luxe difficile à atteindre. Il faut des conditions optimales pour pouvoir écrire, un esprit concentré uniquement sur le désir de s’exprimer… On se dit « Plus tard… ». Et on passe à côté d’un bonheur simple, porteur de tant d’équilibre intérieur.
dimanche 16 mars 2008
Un jour...
...une plante qui pousse sur une terre aride et qui arrive à survire. un jour, la terre devient oasis et la plante VIT.
mardi 4 mars 2008
La lumière
La lumière…
S’en sortir par miracle ou hasard.
Le temps aidant a tout atténué au fil des heures, des longues nuits et des jours, au fil des secondes tapotant sur le cœur assassiné.
C’était l’abîme noir épouvantable, odieux au cours duquel la nuit prend une dimension monstrueuse.
Attendre la fin ou la mort certaine de la dépouille décomposée.
Le futur du passé ramène au présent présent dans tous les feux de sa flamme.
Enfin le meilleur est parti et le pire aussi.
Ne reste que la neutralité de l’esprit dégagé de toute sorte de remord violent.
Mal-être recyclé, ruminé, mille fois mâché, le mauve des couleurs violentées.
S'abstenir de déranger le mal dans la clarté de sa lumière infecte. Lumière qui viole.
A suivre.
jeudi 14 février 2008
Que l'amour régne et triomphe.
le Rouge de la passion pour tous ceux qui s’aiment.
Joyeuse fête !
ROMEO ET JULIETTE - AIMER
Roméo Aimer, c'est ce qu'y a d'plus beau Juliette Aimer, c'est voler le temps Roméo et Juliette Aimer, c'est plus fort que tout Roméo et Juliette + choeurs Aimer, c'est ce qu'y a d'plus beau Juliette + choeurs Aimer, c'est brûler ses nuits Roméo + choeurs Aimer, c'est ce qu'y a d'plus beau
Aimer, c'est monter si haut
Et toucher les ailes des oiseaux
Aimer, c'est ce qu'y a d'plus beau
Aimer, c'est rester vivant
Et brûler au coeur d'un volcan
Aimer, c'est c'qu'y a d'plus haut
Donner, le meilleur de nous
Aimer, et sentir son coeur
Aimer, pour avoir moins peur
Aimer, c'est monter si haut
Et toucher les ailes des oiseaux
Aimer, c'est ce qu'y a d'plus beau
Aimer, c'est voler le temps
Aimer, c'est rester vivant
Et brûler au coeur d'un volcan
Aimer, c'est c'qu'y a d'plus haut
Aimer, c'est payer le prix
Et donner un sens à sa vie
Aimer, c'est brûler ses nuits
Aimer, c'est monter si haut
Et toucher les ailes des oiseaux
Aimer, c'est ce qu'y a d'plus beau
Aimer...

